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Natation - Si les "Ricains" n'étaient pas là...

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Agnel et Muffat ne craignent personne... Pas même les Américains. (Maxppp)

Une semaine après la fin des "Trials", qui ont consacré un collectif américain une fois encore des plus relevés, l’Open EDF, qui s’ouvre ce vendredi, à la Croix-Catelan, doit permettre aux nageurs français d’apporter une réponse toute relative, eu égard aux lourdes charges de travail actuelles des Bleus. Quant à la menace US, elle semble encore bien loin d’Agnel et de ses partenaires.

Ils font comme si… A l’image de leurs deux nouveaux chefs de file niçois, pressentis parmi les meilleures chances tricolores de médaille à Londres cet été, l’équipe de France olympique, à peine sortie de ses lourdes charges de travail encore en vigueur à l’entraînement pour sacrifier au rendez-vous de l’Open EDF, feint l’indifférence à l’heure de commenter les récentes sélections US et les performances tombées la semaine dernière de l’autre côté de l’Atlantique.

En stage en Italie, les Marseillais, à écouter leur entraîneur Romain Barnier, ont à peine levé une oreille. "A la différence des Championnats d’Europe, où on arrêtait les entraînements et où on mettait sur les I-Pad les courses des Français, là, on ne pouvait pas le faire, l’accès Internet était compliqué depuis la piscine. Tous ensembles, on regardait le soir à table et le matin, on en discutait autour du petit déjeuner. Le reste de la journée, on n’en parlait pas trop".

Tout de même, pour ne prendre que le chrono d’une Allison Schmitt, qui a fondu en 1’54"40 sur la meilleure performance mondiale de l’année du 200m, solidement accrochée jusqu’alors au cou de Camille Muffat (1’54"66), le coup de semonce n’est-il pas incontestable ? "Non. Ça ne me parle pas", avoue la protégée de Fabrice Pellerin, également en tête des bilans sur 400m (4’01"13). "Bien sûr, je suis l’actualité internationale, mais juste pour m’informer, pas plus. Je n’ai pas regardé la course, ça ne m’intéressait pas plus que ça. J’ai vu la construction en revanche, les temps de passage aux 200, 400m, sans plus… Je ne m’attendais pas forcément à ce que ce soit elle, peut-être Franklin. C’est une autre." Bon, on repassera…

Agnel: "Tout le monde cache son jeu… jusqu’aux Jeux"

Et son compère d’entraînement à Nice, Yannick Agnel, que dit-il du forfait de Michael Phelps sur 200m, qui le privera d’affronter l’icône américaine dans la capitale britannique ? "Qui ça ?", répond-il dans un sourire malicieux, avant de livrer tout de même le fond de sa pensée: "Ça fait un concurrent de moins. Je suis un peu déçu, oui, c’est dommage parce que ça promettait une belle course et je me disais que tout le monde serait probablement dessus. Je ne suis pas là pour juger, pas à sa place non plus, mais il a dû estimer qu’il n’était peut-être pas en mesure d’accrocher une médaille d’or et quand il s’aligne sur une course, c’est pour l’or. Je pense aussi qu’il y a un duel le concernant avec un certain Ryan Lochte, qui s’annonce tout au long de la semaine des Jeux. Il a envie de se focaliser dessus et c’est tant mieux pour moi. Je pense qu’il faut rester dans le pragmatisme." Et ne pas céder à la dictature des chronos.

"Gagner la meilleure marque mondiale ou pas, je m’en fous un peu…", lâche encore Muffat, décidément dans sa bulle. Agnel, lui, argumente: "Je ne connais pas leurs périodes de préparation, j’ignore où ils en sont. Je ne pense pas qu’ils se soient forcément préparés pour ces sélections, des gens comme Phelps ou Lochte n’ont pas forcément besoin de le faire. Ce n’est pas très significatif, tout le monde cache son jeu… jusqu’aux Jeux justement." Ce n’est qu’alors qu’interviendra l’heure de vérité. Car jusque-là, "on est tous favoris, comme l’assure Agnel. Ceux qui accèderont à la finale du 200m seront dans un mouchoir de poche ; à ce moment-là, tous les compteurs seront remis à zéro derrière les plots."

Tout de même, n’existe-t-il pas une rage supplémentaire à retourner à l’entraînement quand la concurrence s’affole ? "Ça voudrait dire que le reste de l’année, ça m’a manqué, et ce n’est vraiment pas le cas, tranche Muffat, avant d’avoir enfin cet aveu: Par contre, quand j’arrive à l’entraînement le matin et que je l’apprends, je me dis: « Oh, Putain, fais chier. » C’est normal. Je ne suis pas énervé contre elle, c’est juste qu’on se dit: « Faut rien lâcher. Faut que tu te mettes en tête que c’est normal, c’est les Jeux et ce n’est pas parce que tu as nagé vite toute l’année que tu vas être tranquille. »" CQFD.

 
Par S.L
De Sports.fr, à la Croix-Catelan  

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